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Gabriel Cochet (Gaby)
LE PROGRES NE MENE A RIEN S'IL DETRUIT LE TRAVAIL ET LE BONHEUR DE L'HOMME (Gabriel Cochet)
informations recueillies auprès de Monsieur Bernard Ruelle
Gabriel Cochet
Né à Lavaqueresse en Thièrache le 21/07/1904
Décédé le 12 décembre 1998
Responsable du Réseau OCM 138
Déporté au Camp de Neuengamme et au Camp de Sandbostel
Gabriel Cochet fut libéré le 29/04/1945
Conseiller Municipal de Vic sur Aisne
Gabriel Cochet fut arrêté par la Gestapo le 29 juin 1944 à Vic sur Aisne (en compagnie d'André Bataillard et Pierre Hénin).
Emmené à la Kommandantur de la place Mantoue de Soissons, l'évêché où avait élu domicile la gestapo, Gaby fut interrogé pendant sept heures d'affilée. Matraqué, torturé dans ''la baignoire'', pendu deux heures durant par les bras attachés derrière le dos, Gabriel Cochet ne parla pas et fut transféré à la prison de la caserne Gouraud puis à celle de St Quentin le 11 juillet. Là encore, il fut interrogé d'une manière musclée par la gestapo qui savait très bien qu'il était le chef de la résistance. (1)
Pour le convaincre de leur certitude, les nazis le dissimulèrent derrière une porte et firent venir tour à tour deux personnes françaises qui l'avait dénoncé (il les connaissait bien. Mais, même s'il a confié leur nom à quelques uns de ses proches amis, il ne voulu jamais les dénoncer publiquement. Il ajoutait : ''J'avais déjà des certitudes suite à l'arrestation de notre estafette cycliste que les allemands attendaient au Banc de Pierre près de Terny-Sorny pour fouiller directement la pompe à vélo où était caché le message. Nous n'étions que trois à savoir ! je ne pardonne pas à mes dénonciateurs. Certains ont parlé par intérêt, d'autres pour être épargnés avec leurs enfants. Je ne veux pas que, même 50 ans après, leur famille puisse en souffrir.''(1)
Il fut emmené au camp de Royallieu près de Compiègne. Grâce à des complicités, il put communiquer avec sa femme par l'intermèdiaire de messages cachés dans les phares des ambulances. Et ce fut le départ vers l'Allemagne et ses bagnes. Ses amis de l'OCM 138 tentèrent une dernière fois de la sauver en faisant exploser des pétards près de la gare de Vic afin de retarder le train et tenter une évasion. Ce fut peine perdue et Gabriel Cochet arriva au camp de Neuengamme près de Hambourg. On le marqua sur le bras droit du numéro matricule 40060 et, le 28 juillet, il était déjà au travail dans le Kommando d'extermination à Brème pour la KRIEGSMARINE. Il y retrouva son ami André Pétain. Puis le 13 avril 1945, Gabriel Cochet fut conduit au camp de Sandbostel après un voyage de 150 kilomètres qui dura six nuits et cinq jours dans des wagons à bestiaux. Déjà affaibli et malade, il y contracta le typhus mais continua à combattre pour sa vie. Ce n'est pas gagné puisque, entre les 7 et 15 avril, sur les 1300 ''invalides'' de son groupe, plus de 700 décédèrent à la suite de mauvais traitements. (1)
Et ce n'était pas fini ! lorsque le 8ème armée anglaise d'approcha avant de libérer le camp de Sandbostel le 29 avril 1945, Gabriel Cochet, dont on n'avait plus aucune nouvelle, fut emmené vers la mer à Lubeck. Là, les déportés furent embarqués par les nazis sur quatre bateaux (Athéna, Cap Arcona, Thielbeck et Deutschland) qui furent bombardés le 3 mai dans le port par l'aviation anglaise. Plus de dix mille déportés périrent noyés, asphyxiés dans les cales ou mitraillés par les nazis et même par l'aviation anglaise. Sur l'Athéna qui réussit à revenir à quai, seuls 200 hommes furent sauvés. ''Gaby'' était l'un de ceux-là.(1)
Il faisait partie des quatre cents survivants de son kommando de l'enfer ''Nous n'avons reçu aucune nourriture entre le 7 avril et le 4 mai racontait Gabriel Cochet. Les anglais ont mis beaucoup de temps à s'occuper de nous. Nous avions bien triste mine et nous ne ressemblions plus à des êtres humains. Ils avaient peur du typhus. D'ailleurs, un médecin anglais qui me soignait m'a avoué ensuite que, au début, leur première idée était de passer tous ces cadavres ambulants au lance-flamme.''(1)
Gabriel Cochet fut ensuite rapatrié en Dakota jusqu'à Bruxelle avant de rejoindre Maubeuge en car. Le 30 mai, allongé à terre dans un compartiment, il revint par le train jusqu'à Compiègne dont on le débarqua en civière à minuit. Ayant gagné la caserne des spahis, il put téléphoner au 22 à Vic sur Aisne et entendre la voie de son épouse Eugénie. Le lendemain, il était à Vic. Méconnaissable avec ses 40 kilos (il en pesait 90 avant de partir !) mais vivant et entouré des siens et de ses amis de l'OCM.(1)
Né à Lavaqueresse en Thiérache le 21 juillet 1904 dans une famille de petits agriculteurs, Gabriel Cochet était en homme de la terre. Il avait appris à se battre pour se faire respecter, se battre après la grande guerre pour aider ses parents qui avaient repris la ferme de Faverolle, se battre aussi pour suivre des études à l'école vétérinaire de Maisons Alfort. Malgré ses bonnes dispositions, le fils de petit paysan avait, hélas, dû abondonner ses études parce qu'il fallait travailler à la ferme.(1)
Mais, ayant l'esprit d'entrepise, Gabriel Cochet profita d'une occasion pour reprendre la ferme de Hurtebise sur le Chemin des Dames et la remettre en culture. La crise du blé frappa son exploitation de plein fouet et l'obligea à vendre. Il devint alors chef de culture et responsable de la distillerie de Coeuvres et Valsery jusqu'en 1937 avant de prendre la direction du silo à grains de l'Aisne Agricole de Vic sur Aisne.(1)
Gabriel Cochet était l'un de ces hommes qui chérissaient trop la liberté pour accepter sans mot dire les contrôles, les réquisitions et le rationnement. Pour lui, il n'était pas question de participer aux manifestations ordonnées par le gouvernement de Vichy. Mais comment faire lorsqu'il était nécessaire de se méfier de tout le monde et que l'on n'avait aucun contact avec les réseaux qui s'organisaient ça et là. Heureusement Gabriel Cochet avait un ami, André Bataillard, agent des contributions indirecte de Vic sur AISNE qui travaillait à deux pas des silos de l'Aisne Agricole sous les ordres du percepteur M. Vallot. André Bataillard avait pu échapper au STO en présentant un certificat médical de complaisance. Les deux hommes se connaissaient bien et s'appréciaient. André Bataillard retournait souvent dans la capitale avec son vélo et pouvait avoir des contacts avec ''L'Armée des Volontaires'' un mouvement national bien structuré. Ils décidèrent donc tous deux d'entrer dans ce mouvement de résitance dès le mois de décembre 1940.
Mais Gabriel Cochet voulait s'engager beaucoup plus dans des actions de sabotage et sourtout préparer ses hommes à participer aux combats de la libération qu'il pensait proche. Pour cela, il lui fallait des armes que l'Armée des Volontaires ne voulait ou pouvait lui fournir. Au début de 1943, en accord avec les principaux membres de son réseau, Gabriel Cochet décida donc de quitter l'Armée des Volontaires et d'entrer dans l'OCM (Organisation Civile et Militaire) de la région Soissonnaise. Ce passage lui fut facilité par deux de ses amis Marcel Pierre et Boulloche. Le groupe vicois se vit confier le secteur OCM 138 qui s'étendait sur la plus grande partie du canton de Vic sur Aisne et débordait largement sur celui d'Attichy.
Dès le mois de mars 1943, Gabriel Cochet se mit au travail pour organiser l'OCM 138. Il en assura la direction avec le grade de capitaine et le pseudonyme de ''Gaby'' et pris pour adjoint André Bataillard, nommé lieutenant sous le pseudonyme de ''Baby''(1)
Gabriel Cochet fut conseiller Municipal de Vic sur Aisne.
(1)
Extrait de ''La Résistance dans la Région Vicoise - Le secteur OCM 138'' - Bernard Ruelle
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